Le Comité Social d’Administration Spécial Départemental (CSA-SD) du Vaucluse s’est tenu le 27 mars 2026 dans un contexte de fortes tensions sur les moyens alloués à l’Éducation nationale. Cette instance, consacrée notamment aux créations et suppressions de postes pour la rentrée 2026, confirme une nouvelle dégradation des conditions d’enseignement et de travail dans notre département.
Une dotation en baisse plus forte que prévue
Malgré les ajustements présentés par l’administration, le constat est sans appel : ce sont 13 équivalents temps plein (ETP) qui sont supprimés dans le Vaucluse, contre 10 initialement annoncés.
Pour la FSU, cette évolution est inacceptable. Nous avons demandé des éclaircissements sur :
• les raisons de cette aggravation,
• les critères qui conduisent à faire du Vaucluse un département particulièrement touché dans l’académie.
À ce stade, les réponses de l’administration restent insuffisantes.
Des mobilisations qui se poursuivent.
Lors de cette instance, nous avons rappelé que les personnels étaient déjà fortement mobilisés face à ces choix budgétaires, notamment lors de la journée d’action du 26 mars dans plusieurs établissements.
La mobilisation du 31 mars a confirmé cette détermination, traduisant une colère profonde face à :
• la dégradation continue des conditions de travail,
• l’insuffisance des moyens au regard des besoins des élèves,
• le manque de reconnaissance des personnels.
Conditions de travail : une dégradation confirmée
Toutes les organisations syndicales ont alerté sur la situation préoccupante dans les établissements :
• absences non remplacées, notamment dans le nord-est du département,
• recours accru aux heures supplémentaires (HSA) au détriment des postes,
• multiplication des services partagés et situations de compléments de service,
• dégradation de la santé mentale des élèves et des conditions d’exercice des personnels.
L’administration reconnaît des difficultés de remplacement, en particulier dans certaines zones, et évoque un projet de renforcement des titulaires sur zone de remplacement (TZR), sans calendrier précis à ce stade.
Des incertitudes budgétaires persistantes.
À ce jour, plusieurs éléments essentiels pour préparer la rentrée restent inconnus :
• les dotations en IMP,
• les enveloppes liées au Pacte,
• les moyens pour le dispositif devoirs faits.
Cette situation est directement liée au retard du débat budgétaire national, mais elle met les établissements en grande difficulté pour anticiper leur organisation.
Langues vivantes : l’allemand particulièrement menacé
La suppression d’un poste d’allemand à Valréas illustre les difficultés rencontrées par certaines disciplines.
La FSU a alerté sur :
• l’absence de pilotage d’une véritable carte des langues,
• la mise en concurrence des dispositifs (bilangues non financées),
• l’instabilité des équipes.
L’administration reconnaît une baisse des effectifs en allemand, mais cette logique risque d’accentuer encore le recul de l’offre linguistique.
Mesures de carte scolaire et restructurations
Plusieurs situations de mesures de carte scolaire (MCS) ont été évoquées :
• en lettres modernes (secteur Jean Bouin),
• en mathématiques (secteur Mazan),
• en allemand (Valréas).
Des solutions de repli existent selon l’administration, mais elles impliquent souvent des compléments de service ou des mobilités contraintes.
Par ailleurs :
• certaines suppressions correspondent à des régularisations de postes vacants anciens,
• des transformations d’heures postes (HP) en HSA sont actées dans plusieurs établissements.
La FSU rappelle son opposition à ces choix qui dégradent la qualité du service public et les conditions de travail.
Inclusion et besoins spécifiques : des réponses insuffisantes
Nous avons également interrogé l’administration sur :
• le remplacement des enseignants en ULIS,
• les conditions d’accueil des élèves en situation de handicap.
Les réponses restent partielles, alors que les besoins sont croissants.
Un groupe de travail sur la santé mentale des élèves est en cours de structuration, avec la mise en place d’un dispositif de réponse rapide, mais cela reste encore très en amont.
Une préparation de rentrée sous tension
Enfin, plusieurs points confirment les difficultés à venir :
• gestion complexe des affectations et du mouvement des personnels,
• inquiétudes sur certaines évolutions d’effectifs,
• réflexion engagée sur la sectorisation dans le nord du département.
Vote défavorable des organisations syndicales
Le projet présenté par l’administration a été rejeté, avec :
• 6 votes contre,
• 2 abstentions.
La FSU a voté contre ce projet qui entérine une nouvelle dégradation des moyens dans le Vaucluse.
Pour la FSU : d’autres choix sont possibles
La FSU réaffirme :
• la nécessité d’un plan de recrutement massif,
• l’arrêt des suppressions de postes,
• une amélioration des conditions de travail des personnels,
• des moyens à la hauteur des besoins des élèves.
Elle appelle les collègues à poursuivre la mobilisation pour défendre le service public d’éducation.
